Thursday, November 12, 2009

Epilogue

Gonflée comme une lampe en papier, ma colère-soleil se lève au petit matin. J’ai eu froid toute la nuit, des angoisses perlant et Lui, loin, dans le lit et pourtant loin. Je suis seule, seule avec mon stress, seule avec mon angoisse, cela fait trois nuits que je suis seule et qu’il s’endort lourdement à mes côtés sans même se douter (se soucier ?) de mon état : il me faut maintenant plonger dans un bain qui risque d’être froid. J’ai peur dans la nuit, la nuit j’ai peur, je ne sais depuis quelques mois retrouver le courage que dans ses bras. Absents bras, absents les projets et l’envie de commencer une nouvelle journée le lendemain. Il dort, il est loin, ne lit pas cette angoisse flagrante pourtant, logique, qui nécessite d’un soutien actif. Son énergie manque, son énergie fait défaut. Je suis seule, ce n’est pas la première fois. Mais cette fois-ci je suis d’autant plus seule que je dois trouver le courage sans Lui pour partir avec Lui. Là-bas, nous serons sur un bateau au milieu de la mer. J’ai besoin d’un Lui solide. Rien n’a de sens autrement.

Alors je suis en colère. La colère est ronde, parfaite. Est-elle saine ? Je n’en sais rien mais je la lui balance au petit matin. Tiens. Je lui dis : tu dors tout le temps de toute façon, et je me lève. Il se lève de son côté, prend une douche, part, revient après trois heures. Ne me parle pas. Il ne cherche pas à comprendre, je l’ai « agressé », il est terré dans sa vexation que je ne comprends pas de mon côté. Je t’ai dit : tu dors tout le temps. Big deal ! Toi, tu pars sur la lune. Très bien. Je n’en peux plus.

Je n’en peux plus. Discussions qui s’enchaînent, depuis des mois, une chose, l’autre, discussions, non discussions. Le Lui solide n’existe pas. Je ne suis pas plus solide de mon côté. On s’en fout. Je m’en fous, je n’en peux plus. Pause. Je veux une pause, pause. Mais non. Vexé au loin, car il est déjà reparti, il me torpille toujours, tu ne m’aimes pas, tu aurais pu me le dire, tu es en colère, tu es violente, tu ne m’aimes pas. Toi non plus tu ne m’aimes pas.

La colère comme un ballon qui englobe la journée. Elle se lève le matin et se couche le soir avec moi. J’ai tenté de lui expliquer. Il n’a pas compris. Il ne veut pas comprendre. Et moi, je dois comprendre que c’est terrible, je lui ai mal parlé le matin. Oui, mais tu m’avais abandonnée. Peu importe en réalité, désormais le mal est fait. Je serai la petite fille en colère, il sera le petit garçon qui se vexe. La fille en colère a le courage qu’il faut néanmoins. La fille en colère comprend : bouge pour toi. Personne d’autre au monde que toi ne s’occupera de toi.

En début d’après-midi donc, la fille en colère va voir son chef, lui annonce son départ. Avec ou sans Lui. C’est un fait, je pars, j’ai le vertige mais tout va bien. Tout s’est bien passé. Je pars, avec ou sans Lui. Probablement sans Lui, aux dernières nouvelles.


3 comments:

Siestacorta said...

Moi aussi, je dors trop.
Moi aussi, je me vexe quand on m'agresse.
Alors, léger plaidoyer qui probablement ne fait rien à l'affaire.

On peut être fort pour quelqu'un. Bien le connaître.
Mais il y a 10 000 raisons de ne pas le comprendre, non ? De notre égoïsme qui nous fait nier ce qui nous en sortirait, jusqu'à l'empathie totale qui fait qu'on veut répondre à quelque chose d'important que l'autre n'a pas conscience d'exprimer, en passant par le simple fait de n'être pas télépathe et de ne savoir où aller sans que le dialogue commence...

Alors... Ta colère a sûrement un peu passé par le post. Elle est peut-être devenue tristesse.
Mais même si on t'aime pas comme tu voudrais, toi, aime comme tu voudrais être aimée. Et dépasse-le. Sûrement que ça lui arrive aussi.

Voilà, fin du plaidoyer pour les mecs qui dorment.

Memapa said...

Il a raison, l'autre, là-haut, la sieste courte, les mecs ça dort beaucoup. Ca dort trop. Mais avoue qu'il y a souvent de quoi aller se réfugier dans l'abime rassurant du sommeil. Je viens d'ailleurs de dormir 12 à 14 heures par jour durant une semaine.
Moi aussi, j'espère que tu es revenue dans la plaine et que tout ça s'est tassé. Et désolé de ne m'en apercevoir que maintenant (de ton post), mais comme tu avais annoncé que ton blog, bien fini, il était, je ne suis tombé dessus que maintenant et par le plus grand des hasards ...

gc said...

Oui, oui, ce blog est fini, ceci était donc un épilogue tant c'est un peu l'histoire de ce blog, l'histoire de l'amour que j'ai pour les grands dormeurs, mais surtout lui. Je peux néanmoins vous donner des nouvelles du front par commentaire interposé, je n'y résiste pas: j'arrête de fumer et je me suis acheté un inhalateur de nicotine dont les cartouches me rappellent le contenu de la seringue que j'ai récemment injecté à la copine d'un copain qui faisait sa dernière tentative de FIV et qui m'a traumatisée pendant un bon dix jours, je me suis remise à écrire, peu, difficilement et avec un inhalateur à la place d'une clope ce qui change tout, bien évidemment, tout. J'ai retrouvé mon bonnet mais pas mes gants. Enfin, je commence à appréhender comme il se doit la période qui va s'ensuivre, soit Noël et son cortège de non-sens et notamment de son inénarrable "le seul repas d'entreprise dans l'année auquel tu ne peut pas échapper", et qui aux dernières nouvelles cette année s'est transformé en (arg) dîner du soir dans un restaurant où on danse ensuite de la salsa (avouez il y a de quoi mourir trois fois).