Tuesday, July 21, 2009

Terima kasih

Les années paires je ferme les yeux, les impaires je les rouvre. Ce n’est peut-être pas tout à fait ça, peut-être bien que certaines années paires je clôture des processus et d’autres je me fourvoie dans des histoires pourries, comme ça, parce que je suis têtue dans mes aveuglements, il me faut sans doute avaler des kilomètres et longer la côte par la nationale plutôt qu’emprunter des autoroutes à six voies, au final je suis là, au milieu du monde, reposant mes turbulences dans ce bus à rideaux, Bas Persiaran, je veux croire que c’est ce que ça veut dire, bus à persiennes, il nous trimballe de forêt en aéroport, d’éléphant en ministre et j’y dors, apaisée. T. me manque, les retrouvailles seront encore plus bonnes et belles que prévu.

Je suis dans une piscine à eau saturée de chlore, entourée de tours. L’odeur de curry plane dans l’air. Nous avons fini. L’école est finie, je rentre le lendemain. Je traîne mes guêtres dans cet hôtel de luxe, quelques bombes ont explosé dans des endroits similaires à quelques centaines de kilomètres de là. Je n’aime pas l’Asie. Je le savais, mais ça se confirme. Le Japon, peut-être, me dit T. plus tard. Soit. Le Japon peut-être.

Ici il y a des putes de 17 ans et des connards d’occidentaux à moustache qui acceptent avec plaisir leurs propositions de fucky fucky. On les voit, ces imbéciles d’expatriés, qui adoptent les us locaux en assistant aux dîners officiels non pas en costard cravate mais en batik. Plus tard, ils se montrent dans les terrasses, puant le parfum à des kilomètres, avec des fillettes accrochées à leurs bras. Il y a pourtant du pétrole, du bois, des matières premières à ne plus savoir quoi en faire et de fait, ils ne savent plus quoi en faire. Ils importent de l’Indonésie des ouvriers payés 3 euros la journée qu’ils recrachent dans leur pays deux ans plus tard. Qui transforment à peine, péniblement, cette matière première pour engraisser la caisse du Sultan tournant. A l’opposé, le gouvernement paye cher notre séjour, nous devons publisciter cette matière première en Europe, nous devons expliquer 1) qu’ils exploitent la forêt dans les normes 2) qu’ils doivent bien vivre de quelque chose. Mais bon dieu, qu’ils nous envoient donc balader ! Cela fait longtemps qu’ils ne devraient plus avoir besoin de nous.

A Paris, pendant ce temps, je suis devenue une collabo car j’ai osé faire, avant mon départ, appel à la violence d’Etat pour arrêter une autre de violence, à caractère soit disant privé, j’ai osé mettre fin au harcèlement, à l’insulte, aux menaces d’un macho aigri et potentiellement dangereux car en possession de deux pistolets automatiques, en allant retrouver les flics qui n’ont pas hésité à débarquer chez lui. Le monde est à l’envers et j’accepte avec plaisir cette contre insulte : est colon celui qui ne porte pas de batik et collabo celui qui se défend par voie légale.

9 comments:

Monierza Molia said...

Les femmes devraient se laisser tabasser, menacer et écrabouiller au nom de l'anarchie. Moi récemment, on a sous-entendue que j'étais collabo parce que j'ai fait un témoignage pour une copine auprès d'un juge. Si ça c'est pas du gros machisme bien lourd enrobé d'anarchisme doctrinaire...

Anonymous said...

Hystérique et pathétique comme d'habitude...

vfwh said...

C'est fin et enragé, brutal et doux.

Ca fait PLAISIR, putain. A la tête et au ventre.

Allez, je résiste à l'épithète.

gc said...

Eh bein, Monierza, tu témoignes pour une copine et t'es collabo? L'absurdité n'a pas de limites on dirait. Mais tu as raison, la doctrine a toujours empêché les gens de réfléchir ne serait-ce que trois secondes et le machisme est si profondément ancré dans certains esprits qu'ils ne s'en aperçoivent même plus.
Quant à toi, vfwh, merci mille fois encore.

Monierza Molia said...

L'Anonymous est vraiment ridicule. Il ferait mieux de se barrer d'ici.

Anonymous said...

Si je puis me permettre, la Malaisie n'est pas que son gouvernement (post-colonial corrompu) ce sont aussi des gens plutot detendu, et une culture plutot riche. Bon, bien entendu, c'est pas en restant une heure dans la piscine du Shangri-la qu'on s'en apercoit forcement. D'autres part, vu que c'est un pays dont l'industrie est tournee vers l'exportation, c'est un peu pour ca que des charters amenent et des saoudiens, et des pseudos journalistes bien pensant (bon, ils peuvent pas toujours voir juste).

Bise

gc said...

Bonjour Anonymous, bien sûr que tu peux te permettre, même si tu es à côté de la plaque. Enfin, de mon point de vue de "journaliste bien pensante", mais je serais enchantée de discuter sur la Malaisie avec toi, pas de souci, tu as l'air de t'y connaître à fond. Sache en tout cas que, comme je disais dans mon post, le problème selon moi n'est pas tant qu'ils exportent ou même qu'ils fassent de la pub de leur industrie à très cher (alors qu'ils n'en auraient pas besoin dans l'absolu), mais qu'ils ne transforment pas suffisamment leurs produits (pas de valeur ajoutée donc produits à pas cher que d'autres pays transforment. Par exemple, si tu exportes une bille de bois sans scier, cela mobilise de la MP mais presque pas de main d'oeuvre, tu la vends à un prix en plus qui est très variable -il y a des cours pour le bois, comme pour l'or, le pétrole, etc-, en revanche, si tu vends cette même bille sciée, coupée en morceaux, tu peux la vendre à un prix stable et bien au delà de ce que la transformation qui aura employé X personnes t'auras coûté sur place et ainsi de suite jusqu'au produit fini. Si l'Europe importe du bois tropical ce n'est pas pour le brûler dans des chaudières mais pour en faire des fenêtres, du parquet, du contreplaqué etc. Ce manque de transformation explique aussi qu'ils en soient encore, quoiqu'ils disent, à dégommer de la forêt primaire pour planter des palmiers à huile, alors qu'une exploitation correcte du bois leur rapporterait plus de thune au final) et qu'ils emploient, lorsqu'industrie il y a, des ouvriers indonésiens qu'ils importent pendant deux ans sans leur donner de permis de travail, et qu'ils traitent comme des esclaves. Le modèle de croissance économique de l'Asie du sud-est je le trouve à gerber, voilà tout. Mais c'est clair, je ne suis personne pour leur dire ce qu'ils doivent faire, d'autant plus que si ça se trouve j'ai tout faux et qu'en effet, jamais je n'aurai la prétention de dire que je "connais" leur culture, j'y suis étrangère.
Bise.

Anonymous said...

Oh bien sur, la gestion des ressources naturelles est dispendieuse, vraiment pas tres clairvoyante.
L'industrie du bois n'a rien a voir avec les palmeraies a perte de vue. Il se trouve juste que le plus gros industriel du coin est Petronas, et qu'ils ont decide que les connards de blancs voulaient du 'bio-diesel', l'industrie du bois ne fait pas le poids.
Maintenant, si tu penses que c'est juste un probleme Malay, je t'invite a essayer de t'opposer a repsol en amerique du sud - ou autres MNC - le plus souvent detenues par des etrangers, ce qui n'est pas le cas ici.

Pour ce qui est de l'import-export des produits humains indonesiens, c'est un peu le fuel de l'industrie petro-palmique (et de l'accomplissement des taches menageres) dans toute la region.

Bref, c'est un aspect de l'economie Malaise, mais contrairement a l'indonesie suhartiste, ils ont reussi a developper une industrie (tu sais, bien de consommations durables.. ce genre de conneries) aussi un peu orientee vers le marche local. Bref, ca pourrait mieux, mais ca pourrait etre bien pire aussi - PNG - pillees par les geants australiens/americains pour peanuts pour le meme pas peon local qui a tout juste le droit a un os dans le nez pendant qu'il pose pour le touriste.

Bon et pour le modele, il faut peut etre regarde du cote de Chicago pour les coupables les plus recents, et des Compagnies des Indes multiples des 400 dernieres annees. Pour autant, c'est dommage de ne voir que le modele politico-economique corrompu, et pas les gens plutot adorables et les deux trois bouts de nature assez splendide. Enfin tous les gouts sont dans la plantation.

Tout ca pour dire, c'est comme partout, bien plus complexe que le y a qu'a "fabriquer des fenetres".

Tcho Tcho

gc said...

C'est bien ce que je dis, ils devraient vraiment nous envoyer chier, nous, occidentaux qui désirons à la fois vivre bien et vivre "vert". Petronas est malaisien (malais= ethnie), ça aide un peu mais la présence de capital étranger est forte, moins que dans les pays voisins mais tout de même, c'est bourré d'Australiens bourrus à l'accent imbitable, par exemple, bref, ça ne me donne personnellement pas envie d'y vivre. Et rien n'y fera, je ne dirai jamais que les gens de là-bas sont adorables et d'une extrême gentillesse. Plutôt me faire marcher dessus par la troupe d'éléphants d'Attila que d'adopter ce ton paternalisto-condescendant propres aux...Bref !
(Je n'ai jamais dit non plus que ce qui arrive dans certains pays en voie de développement, n'arrive pas aux autres, au contraire, c'est bien la caractéristique du Tiers Monde, se faire exploiter à outrance par le Premier Monde).
Bon, have fun in Australia.