Wednesday, April 29, 2009

Points de vue

Je discute avec G., à Madrid, au chevet de sa tante mourante, et aux côtés de son fiancé qui vient de la tromper et qui hésite ouvertement à rester avec elle ou à la quitter pour sa maîtresse qui est plus jeune, qui a son âge. G est de huit ans l’aînée de son fiancé, elle bosse comme une dingue et passe la moitié de son temps dans un avion, tandis qu’il finit ses études. La voix de G. est d’une sérénité surprenante. Elle attend, me dit-elle, à ce qu’il prenne une décision, car elle l’aime.

Si je pense à lui et bien que je n’aie pas tellement envie de penser à lui, que je te l’aurais foutu à la porte il y a bien longtemps d’un joli coup de pied au derche, je suppose que la vie ne doit pas être bien simple non plus, qu’il est étouffé et abandonné à la fois par cette jolie femme intelligente et assez sûre d’elle. Mais je m’en fous.

Si je pense à la maîtresse, c’est plus intéressant, je vois une étudiante qui drague ou se fait draguer, peu importe, (par) un type de sa classe et qu’elle ne sait sûrement pas, la pauvre, que si jamais le fiancé de G. quitte G. pour elle, il aura des exigences vis-à-vis d’elle tout à fait inappropriées, liées à son passé à lui, un passé où elle n’existait pas encore. Il voudra peut-être nidifier au plus vite pour ne pas regretter le confort dont il disposait avec G. ou au contraire parcourir le monde pour obtenir ainsi ce qu’il n’avait pas avec G. Si elle le quitte pour une raison ou pour une autre et comme cela peut arriver assez souvent, elle sera doublement traîtresse, accusée par le fiancé de G. et ses amis d’avoir brisé deux couples successivement.

Les amis de G. estimeront ou estiment déjà d’ailleurs, que la maîtresse de son fiancé, appelons-la Maria, car c’est en Espagne que cela se passe, estimeront donc que Maria est la dernière des putes car on ne brise pas les couples. Ils estimeront qu’elle n’est pas fairplay car elle a le double avantage par rapport à G. d’être présente et plus jeune.

Quant aux amis de Maria, ils doivent probablement se dire qu’on ne brise rien qui ne soit vraiment solide et que G. ne prêtait pas suffisamment attention à son mec.

G. me parle également de notre ami Z. qui a quitté sa femme après 10 ans de vie commune car n’ayant jamais voulu de mômes mais ayant tout de même consenti à en faire par amour, a pété un câble au bout de la 6ème FIV râtée. G. est touchée par cette séparation car la femme de Z. avait 8 ans de plus que lui. Elle ne pourra plus avoir d’enfants, me dit-elle. Oui, mais ce n’est pas le problème de Z., je lui réponds.

Quand bien même, il y en a déjà bien trop d’enfants sur cette planète, j'ajoute. Certains d’entre eux vivront des différends de leurs semblables, psys, avocats, notaires, juges. Juges ! Que dieu les préserve et nous délivre des tribunaux populaires.

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